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Découvrez le Rise Festival avec Pierre Portmann

Pour la toute première fois, l’Ephémère de Bourgogne est à l’initiative d’une session du RISE Festival. Celle-ci aura lieu le 4 mars 2020 à Chalon-sur-Saône, dans le cinéma d’art et d’essai Axel. Un défi qu’il n’aurait pas été possible de relever sans le soutien et les conseils de Pierre Portmann, l’un des piliers de l’organisation de ce festival qui fête cette année ses dix ans d’existence.


Pierre Portmann

En dix ans, le Rise Festival a obtenu une reconnaissance nationale. Que de chemin parcouru depuis le jour où « Gin Clear Media », la société néo-zélandaise organisatrice du tout premier festival au monde regroupant des films de pêche à la mouche, a répondu à un courriel que lui avait adressé un Auvergnat dans un anglais approximatif ! Et quel chemin ! Désormais, grâce la mise en place de partenariats et au travail acharné de bénévoles non moins acharnés, le Rise Festival est même international puisqu’il ne se déploie plus seulement en France métropolitaine, mais aussi dans l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, en Belgique et en Suisse.


Pour mettre en perspective cette formidable aventure humaine, nous avons demandé à Pierre Portmann, l’une des caryatides du Rise Festival, de nous en parler.


Pierre Portmann, grâce à vous, le Rise Festival est désormais présent chaque année au sein de la capitale bourguignonne. L’année dernière, sa déclinaison 2019 se déroulait à L’Eldorado, un cinéma d’art et d’essai bien connu des cinéphiles. Comment avez-vous pris goût à la pêche à la mouche ?


Quand j’étais enfant, j’aimais beaucoup aller à la pêche. J’avais une canne en bambou. Mais c’est surtout lorsque j’ai arrêté de travailler, quand j’ai pris ma retraite, que j’ai pu m’y mettre vraiment. Je l’ai d’abord fait dans le cadre d’un club de pêche, puis seul, parfois accompagné de guides de pêche. Là, j’ai commencé à prendre de belles truites. J’en ai pris dans la Loue, dans l’Ain, dans des rivières de Slovénie aussi.


Comment avez-vous entendu parler du Rise Festival ?


Je pêchais déjà à la mouche depuis un petit moment quand j’ai eu mes premiers échos de ce festival. Quand j’en ai entendu parler, je suis allé voir les films projetés dans ce cadre à Besançon, dans le Doubs, puis à Morez, dans le Jura. En revenant de Morez, j’ai beaucoup discuté. On s’est alors dit avec un de mes amis, initié à la pêche à la mouche par Pierre Monatte, l’homme sans qui le Rise n’aurait pas été si sûrement introduit en France, qu’on allait se prendre par la main et faire venir le Rise à Dijon. C’était il y a trois ans.


Comment avez-vous intégré l’organisation du Rise Festival ?


La toute première projection en France du Rise Festival a eu lieu au Puy-en-Velay, il y a dix ans. Ça a été un incroyable succès. Malgré une programmation cent pour cent anglophone, origines du Rise obligent – à la base, le Rise Festival était organisée par une société néo-zélandaise. Comme ça a bien marché, le Rise Festival a pris son envol, celui-ci n’a fait que se développer durant les cinq années qui suivirent cette session inaugurale. Puis, pour des raisons sur lesquelles il n’est pas nécessaire de s’attarder, il a fallu, pour continuer, opérer un retour aux sources. Les fondements associatifs initiaux ont été réaffirmés, une nouvelle équipe de bénévoles unis par les mêmes idéaux et les mêmes passions a pris en mains les destinées du Rise Festival. C’est à ce moment-là que j’ai intégré l’organisation du Festival.


Quels sont les buts poursuivis par le Rise Festival ?


Au départ, le Rise Festival vise à rassembler les plus beaux films de pêche à la mouche, pour organiser une projection cinématographique significative. Il vise aussi à sensibiliser à la nécessaire protection des milieux naturels dans lesquels évoluent les pêcheurs, notamment les milieux aquatiques. Pierre Monatte dirait qu’il s’agit d’« éduquer au travers d’images des plus belles rivières et des plus beaux poissons du monde dans l’espoir utopique que nos rivières préférées puissent un jour retrouver leur lustre d’antan ». C’est d’ailleurs pour cela que l’essentiel des films portent sur la pêche à la mouche, mais aussi la qualité de l’eau et, bien sûr, le « no kill », le refus de la mise à mort du poisson - une pratique développée par les pêcheurs sportifs américains au cours du XXe siècle d'abord pour les salmonidés, puis pour d'autres espèces, de plus en plus utilisée en Europe , notamment dans les zones polluées où la consommation des poissons est interdite ou déconseillée. Un autre objectif du Rise Festival, qui rejoint le précédent, est de sensibiliser les jeunes générations au respect de la nature et des poissons. Cette année, d’ailleurs, on pousse les partenaires du Rise Festival à amener le plus possible d’enfants et de jeunes en général. Parce que c’est d’eux, quelque part, que dépend l’avenir.


Quelles conditions faut-il remplir pour espérer voir son film projeté dans le cadre du Rise Festival ?


Il faut d’abord que le film ne provienne pas d’un réseau de distribution commerciale. Le film doit ensuite être libre de droit, produit par un ou des indépendants. Il doit aussi ne pas avoir fait l’objet d’une diffusion auparavant. Il doit, enfin, mais est-ce besoin de le dire ?, concerner la pêche. La pêche au sens large car, depuis 2018, le festival est multipêche, ne se concentre plus seulement sur la pêche à la mouche stricto sensu.


Les films doivent-ils nécessairement être français ?


Non. D’ailleurs, ils proviennent d’un peu partout sur la planète. Du moment qu’ils ne sont pas publicitaires, ils peuvent venir de n’importe où.


Combien de temps dure une session du Rise Festival ?


En gros, une session, c’est deux heures de projections. 8 films qu’on peut appeler des « courts-métrages ».



Comment faire pour participer au Rise Festival ?


C’est assez simple. Soit quelqu’un vous offre une place (30 % des places sont gratuites et, en général, offertes à des jeunes pour précisément atteindre l’objectif de sensibilisation que j’évoquais tout à l’heure), soit vous réservez et payez directement sur Internet, grâce à une billetterie en ligne sur le site du Rise Festival (cliquer ICI).


Que deviennent les recettes engrangées par les multiples sessions du Rise Festival ?

Une bonne partie sert à l’organisation et à la communication pour faire connaître le Festival. L’autre abonde un fond d’aides financières destinées aux créateurs francophones, dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler une forme de mécénat.




Propos recueillis par L'Éphémère de Bourgogne

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