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Journées des 7 et 8 mars 2020 : les confession exclusives de Christophe Noharet

Pour sa réouverture en mars après plusieurs semaines de travaux, L’Ephémère de Bourgogne a concocté un programme aux petits oignons (Lire ICI). Parmi les tous premiers évènements à noter dans vos agendas, une rencontre-dédicace les 7 et 8 mars avec Christophe Noharet, l’auteur de « Confessions d’un pêcheur à la mouche » et « Escapades d’un pêcheur à la mouche ». Il a accepté de se confesser auprès de l’Ephémère de Bourgogne.



Sur son site, Christophe NOHARET délivre une mention spéciale à L’Éphémère de Bourgogne : « Un superbe site, très sauvage, sur lequel vous pouvez vous loger sur place à deux pas du lac, et prendre le petit-déjeuner sur la terrasse en regardant les gobages ». Pour vous donner envie de le rencontrer les 7 et 8 mars 2020 sur le site de L’Ephémère de Bourgogne où il viendra dédicacer ses ouvrages et échanger avec ceux venus le rencontrer*, nous l’avons interrogé.


Depuis quand pêchez-vous, Christophe Noharet ? Ne pêchez-vous qu’à la mouche ou pêchez-vous autrement, en pratiquant d’autres techniques ? Et d’abord, comment avez-vous découvert que vous aimiez la pêche ?


Je pêche depuis 1976. J’ai commencé par taquiner les vairons aux appâts naturels, puis mon père m’a initié à la mouche en 1980. Depuis 1981 je n’ai jamais pêché à autre chose, me concentrant sur la truite sauvage, et à mes heures perdues sur l’ombre commun. Le besoin de découvrir d’autres techniques et d’autres poissons ne s’est pas fait ressentir pour deux raisons. D’une part le contexte familial faisait qu’à la maison nous ne pratiquions qu’à la mouche… mon père, mon frère aîné, et moi, ne parlions que de cela... nous vivions au rythme des ouvertures et les fermetures des rivières de première catégorie. D’autre part j’adorais la gestuelle… faire virevolter la soie dans les airs, puis d’un coup de poignet envoyer délicatement sa mouche dans un trou de souris, était vrai un challenge qu’il me plaisait de relever… il y avait de la magie dans cet exercice. Pourtant j’avais pris conscience que d’autres techniques étaient plus « rentables », ne serait-ce qu’en regardant officier mon grand-père maternel. L’essentiel à mes yeux était de comprendre la vie de la rivière, puis de solliciter une truite dans les règles de l’Art avec un leurre confectionné avec mes propres mains. Cet état d’esprit ne m’a pas quitté, d’ailleurs j’ai coutume de dire que « la manière de prendre est plus importante que le fait de prendre ».


Je ne sais pas si l’on « découvre que l’on aime la pêche »… il me plaît à penser qu’elle s’impose à vous comme une évidence, comme un besoin vital. Mes premiers souvenirs remontent à 1974, j’avais trois ans. La rivière me fascinait déjà… le bruit de l’eau, les paysages, et les poissons de différentes espèces qui s’offraient à mon regard d’enfant. Malgré les années qui se sont écoulées rien n’a changé, elle m’attire toujours comme un aimant… j’ai simplement appris à la connaître et à la respecter. Ma chance est de ne pas vivre au bord d’une rivière à truites car la passion m’aurait entièrement dévoré.


Christophe Noharet, vous avez écrit il y a quelques temps « Confession d’un pêcheur à la mouche ». Comment vous est venue l’idée de vous confesser ?


J’ai souhaité léguer à mon neveu un « héritage halieutique » en lui transmettant mes connaissances, mon expérience, et mes valeurs. Je savais également qu’un tel ouvrage pourrait représenter, aux yeux de mes parents, l’aboutissement d’une histoire familiale, longue de quatre générations. Pour eux l’édition de ce livre fut, et demeure, un moment extrêmement riche en émotions. L’idée d’une publication grand public est venue par hasard puisqu’elle m’a été suggérée par un ami, grand amateur de littérature halieutique. Le fait de l’éditer par mes propres moyens m’a donné l’opportunité de m’exprimer librement, quitte à bousculer parfois croyances et valeurs, habitudes et conventions. Cette originalité a fréquemment été soulignée par mes amis lecteurs.




Que vous a humainement apporté l’écriture ?


On ne se lance pas dans un tel projet sans avoir l’envie de donner aux autres, sans pour autant attendre quoi que ce soit en retour. A vrai dire je ne pensais pas avoir une quelconque prédisposition à l’écriture, pourtant ils ont touché beaucoup de monde… ainsi depuis 2017 je reçois, en public comme en privé, une avalanche de remerciements, d’encouragements, avec parfois des mots très émouvants.


Ce sont des débutants que j’accompagne dans leurs premiers pas, mais aussi, cela m’a étonné, des moucheurs très expérimentés qui découvrent une autre manière de vivre leur passion. L’on compte également des experts de la littérature halieutique, qu’il s’agisse d’auteurs ou de collectionneurs. Avoir leurs félicitations, leur appui, est une reconnaissance que je n’avais jamais envisagé, ni même espéré au départ de l’aventure.


Ces livres m’ont permis de rencontrer de nombreuses personnes, d’ailleurs certains sont maintenant des amis. Ma frustration est grande à chaque fois que l’on me sollicite car je n’ai qu’une vie… j’aimerais avoir le don d’ubiquité… parcourir les quatre coins de France et d’ailleurs, aller à la rencontre de mes amis lecteurs, et partager avec eux un moment au bord de l’eau.


Mais ce qui m’apporte la plus grande joie, je n’en ai pris conscience que récemment, est de savoir que dans vingt ans, dans quarante ans, quelqu’un lira mes ouvrages et à travers eux découvrira les secrets de la rivière. C’est un grand honneur que de prendre la main d’un novice et de l’accompagner sur le chemin.


Mon second ouvrage « Escapades d’un pêcheur à la mouche », qui est la suite logique de « Confessions d’un pêcheur à la mouche », a été édité en 2019. Mes confessions étant faites, j’aimerais aider les autres à faire de même… à bon entendeur !




En quelques mots, que diriez-vous pour donner envie de pêcher à la mouche à toutes celles et tous ceux qui, pour X raisons, n’ont jamais eu l’occasion de pratiquer ?


La manière dont je la vis demande une grande connaissance de la nature, une méthode, et une certaine dextérité dans la gestuelle. En 38 ans n’ai pas réussi à faire le tour des différentes manières de la pratiquer, c’est dire l’ampleur de la tâche à accomplir. Il n’y a pas de routine quand on pêche à la mouche.


Comment avez-vous connu l’Éphémère de Bourgogne ?


C’est le hasard des rencontres qui a fait que la route d’Eric et la mienne se sont croisées. J’ai souhaité lui faire découvrir mon travail en lui expliquant les tenants et aboutissants du projet. Il m’a tendu la main à un moment crucial. Je crois que nous partageons une même volonté, celle de partager notre passion avec le plus grand nombre. Nous l’exprimons différemment, voilà tout. Il a mis tout son cœur dans son parcours de pêche, en offrant un havre de paix et de bonheur aux pêcheurs de la région.


Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez dire à nos lecteurs et que nous n’aurions pas évoqué précédemment ?


Chaque génération bénéficie du savoir-faire et de l’expérience accumulée par les précédentes, sachez en profiter.


Propos recueillis par L' Éphémère de Bourgogne


*Tarif : 40 € la journée, repas compris


Pour les personnes désirant rencontrer Christophe sans pêcher : entrée gratuite (un montant de 15 euros sera demandée aux personnes souhaitant déjeuner sur place / repas préparé par un traiteur de Saulieu)






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