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ISLANDE 2026

Une opportunité me permet de partir avec 3 clients du 12 au 19 juin 2026 en Islande. Après avoir longtemps hésité, l'idée de pêcher des truites réputées les plus grosses du monde a fini par me convaincre.

Rien à voir avec nos précédents séjours de ces dernières semaines en Croatie et en Italie ou le transport se fait par la route. L'Islande oblige à prendre l'avion, le voyage est donc beaucoup plus fatigant et les temps de transfert s'ajoutent à ceux de la pêche. L'absence de nuit là-bas permet des journées de pêche de + 15 heures ce qui ajoute à la fatigue du voyage.

Départ de Paris Charles de Gaulle pour 3h15 de vol. L'avion est à 06h30 avec un embarquement qui débute à 04h30, nous avions décidé de prendre un hôtel sur place. Levé à 3h30, arrivée à 04h30 pour apprendre que l'avion à 2h de retard. Le vol se passe bien et nous arrivons à Reykjavik à 13h30 local (2h de décalage). En Islande tout est très cher, nous avons renoncé à la location d'un énorme 4x4 comme on en voit partout là bas et avons opté pour un Duster, il est clair que nous étions très limités en place mais cela nous a largement suffit pour la semaine. Arrêt courses à Selfoss, dernière ville avant de quitter la civilisation afin de prévoir nos repas pour la semaine, nous savons que sur place impossible d'acheter quoi que ce soit. Compter des tarifs 2.5 x plus élevés qu'en France, nous prenons quand même un repas à Selfos, une pizza à 45€ et une bière à 16€ nous mettent dans l'ambiance.

Après 1h30 de route nous arrivons au MINNY-VALLALAEKUR LODGE, c'est un choc tellement c'est beau, la rivière et un de ses affluents passent au pied de la terrasse et nous prendrons nos repas du midi en regardant la rivière et les gobages

L'excitation est à son comble, nous sortons les cannes et nous allons pêcher. Il est 18h, et alors, nous avons toute la nuit devant nous. Cette première journée (ou nuit) de pêche nous permet de voir des truites gigantesques mais super éduquées. En Islande la plupart des parcours sont privés et gérés de façon rigoureuse. Nous pêcherons 5 jours la Minny-Vallalaekur, une rivière d'environ 12km complètement privatisée pour les 4 pêcheurs que nous sommes, 4 cannes simplement pour 12km, de la résurgence à la confluence. Un privilège qui ne veut pas dire que la pêche y est facile, En effet le parcours est loué tous les jours de l'ouverture à la fermeture. La réservation doit se faire plus d'un an à l'avance. Le coût est de 1200€ par jour pour les 4 cannes, logement inclus.

La vingtaine de pools est bien indiquée et les truites y stationnent par groupe puis par magie se répartissent dans la rivière lorsqu'elles s'alimentent vraiment, le tout est d'être à la pêche à ce moment-là. Il est impressionnant d'observer une dizaine de truites de 60cm à 1m dans le même pool à 2m de vous, les observer oui, les prendre est une autre histoire.

Nous avions été prévenus, la pêche est très difficile sur la Minny, en effet les poissons super éduqués, attentif au moindre changement de leur environnement sont très difficile à approcher et il faut plusieurs jours pour comprendre comment attaquer les pools. Ce qui est déstabilisant c'est qu'en cas de mauvaise approche, les truites vous voient mais ne fuient pas, elles restent dans le pool mais sont indifférentes aux mouches proposées. Hélas, il est tellement hypnotique de voir dix truites énormes devant vous que vous passez deux heures à changer de mouches, à peigner le poste sans résultats. Nous avons constaté que les touches avaient lieu lors des premiers lancers sur un pool et que nous avions des touches tous les 4 à la même heure (changeante bien sûr chaque jour pour faciliter la tâche). Là aussi nous avions été prévenus, pour une pêcheur de bon niveau c'est une moyenne de 2 touches par jour par pêcheur avec 50% de casses et de décrochés.

La véritable interrogation concernant cette rivière c'est qu'il n'y a pas de petits poissons, pas de petites truites, nous n'avons pas vu un poisson de petite taille dans la semaine dans des eaux cristallines, c'est un mystère, comment font-elles pour devenir si grosses

Nous avons pêché en nymphe, en tandem et en streamer, seule une truite à été prise en sèche sur un gobage. Il est étonnant de voir des truites de si grosses prendre des nymphes taille 14 et 16.

Les nymphes et les sparklers de notre amis Louis Largy ont rempli leur office et ont été bien productifs. Il faut utiliser de longs bas de ligne avec de longues pointes, couvrir une truite avec son bas de ligne ou sa soie est rédhibitoire. 16 et 18 centièmes en nymphe et sèche est le bon compromis malgré de nombreuses casses. En streamer en dessous de 22/100 c'est la casse assurée, j'ai mis hélas 4 jours à le comprendre

Si le combat se passe dans la fosse ou le poissons a été ferré vous avez une chance, s'il décide de descendre ou monter la cascade suivante, les poissons sont inarrêtables.

Pour aller en Islande, le niveau de pêche doit au minimum moyen+ avec une condition physique bonne qui permet des journées de pêche de plus de 15h avec en moyenne 10kms de marche.

Nous concernant, ayant déjà beaucoup voyagé nous remplissions toutes les cases et avons vécus une expérience formidable, nous y retournerons c'est sûr.


Après 5 jours et 5 nuits sur la Minny, départ pour la rivière Fossa et ses fameuses chutes, un paysage grandiose mais du vent à 66 km/h nous rend la tâche très difficile. Nous n'avions pu louer que deux cannes pour la journée sur cette rivière, pas de poissons malgré un énorme Artic Char décroché par Christophe, mais que de souvenirs

Le dernier jour nous avions pu réserver 2 cannes sur la rivière Saug et 2 cannes sur les Ions Beats sur le lac Thingvallatn. Hébergement à l'hôtel BRU à proximité du lac et de la rivière.

Un vent terrible ne nous à pas permis d'exploiter ces pools mythiques. Le lac regorge de JURASSIC TOUT de plus d'un mètre, nous avons réussi tout de même à prendre 5 poissons de 40 à 50 cm une belle expérience mais beaucoup de frustration, le coût est de 1000€ par jour et par canne, le fait d'avoir des conditions extrêmes est très frustrant. Mais c'est l'Islande, les risques et aléas climatiques sont grands sur une ile. Ainsi va la vie

Après un dernier dîner et une dernière nuit à Reykjavik nous repartons pour la France avec des rêves et des souvenirs plein la tête

Un séjour de pêche en Islande ce n'est pas que la pêche, c'est des paysages lunaires, à couper le souffle, des oiseaux par milliers, des champs de lave à perte de vue, c'est un environnement complétement nouveau pour nous, sans arbre avec du vent permanent qui invite à la contemplation et à la méditation. Aller de pools en pools lentement en marchant dans des lichens millénaires est une expérience unique. Le pêcheur doit s'attendre à des conditions difficiles, il doit faire preuve d'une persévérance à toute épreuve permettant de supporter le vent et les journées sans touche. Une résistance à la frustration est également indispensable, vous n'allez pas sur la Minny pour faire des scores mais pour espérer ne pas finir la semaine bredouille, et peut-être prendre le poisson d'une vie.




 
 
 

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