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Des épuisettes uniques. Rencontre avec Jean-Michel Ménétrier, d'Au Bois Pêchant

« Il n’y a pas de hasard ». C’est une phrase qu’on entend ou prononce souvent pour expliquer les heureuses rencontres que l’on fait au cours d’une vie. Hasard ou pas, une chose est sûre : L’Ephémère de Bourgogne et Au Bois Pêchant se sont rencontrés il y a de cela quelques années. Et, depuis, ils ne se sont plus quittés. Portrait d’un fabricant d’épuisettes uniques.


(Jean-Michel Ménétrier)


Pénétrer dans l’antre de Jean-Michel Ménétrier, le sequoia qui se cache derrière « Au Bois Pêchant », c’est un peu se retrouver au « Pays des merveilles ». Comme la petite Alice des histoires de Lewis Carroll, on ne comprend pas tout de suite qu’on a mis les pieds dans un autre monde, dont la logique est sensiblement différente de celle qui prévaut d’ordinaire.


Dans l’antre de la bête


On a d’abord l’impression, quand on regarde autour de soi, de voir un atelier comme il en existe plein. Et qu’on va avoir affaire à un artisan connaissant son métier sur le bout des doigts. Puis, très vite, on éprouve une autre impression, celle d’être dans un lieu unique, face à un personnage hors du commun, comme on n’en croise que dans les films dialogués par Michel Audiard ou les aventures du commissaire San-Antonio, Alexandre-Benoît Bérurier et consorts. Une impression d’irréalité. L’impression qu’on doit avoir quand on se retrouve dans la quatrième dimension.



Ce qui nourrit cette impression ? Il y a d’abord l’enceinte Marshall ®, signe que le gars sait ce qui est bon, niveau son. Il y a surtout qu’elle crache du rock. Il y a que James Hetfield, Axl Rose, Mick Jagger s’égosillent chacun leur tour tandis que leurs comparses s’ingénient à imiter le bruit d’un avion à réaction cherchant à dépasser Mach 1. Il y a que ça pulse. Comme le gars qui s’agite avec frénésie sur ses épuisettes avec une dextérité et une maîtrise qui forcent le respect, déclenchent une admiration teintée de fascination. Parce qu’on sait qu’à sa place on aurait les doigts écrasés, rabotés, déniapés, voire tranchés.



Un ébéniste qui carbure au rock, sauf erreur, ce n’est pas banal. Mais quand on sait qu’un artisan des lettres tel que Stephen King n’écrit qu’avec du hard-rock à fond dans les feuilles, pourquoi pas ? Ce qui fait aussi qu’on a l’impression d’avoir rencontré un phénomène, c’est la taille et la corpulence du bonhomme qui décroche les prototypes d’épuisettes des murs comme s’il dansait sur un air d’opéra. Car un fusil à pompe dans les mains, un perfecto sur le râble, des lunettes noires sur le pif, c’est le sosie du Terminator incarné par Schwarzy. Mais un Terminator qui serait sympa.


Un Géo Trouvetou de presque deux mètres de haut


Car il est sympa, Jean-Michel Ménétrier. Il ne faut surtout pas broncher s’il te dit de ne pas piper mots de ses trucs et astuces pour que ses épuisettes demeurent uniques au monde, ce qu’elles sont effectivement de l’avis de tous et notamment des plus grands moucheurs comme de ses fournisseurs dans les Pyrénées. Mais en dehors de ça, c’est un mec qui a le cœur sur la main, passionné et par-dessus tout pédagogue, surtout quand il t’explique ce qu’on peut faire avec du bois rare (ébène chiné ci et là, racine de bruyère) ou un peu moins rare.



Un mec comme ça et… un sacré Géo Trouvetou. C’est bien simple, quand il ne trouve pas les outils dont il a besoin pour mettre en forme ce que son cerveau fécond a conçu, ben… ils les inventent. Il te prend une veille perceuse et il t’en fait un truc dont on ne doit pas parler, du moins si l’on souhaite éviter de finir en orbite autour de la planète Mars. Avec lui, ne jetez pas votre électroménager, votre vieille friteuse, elle pourrait connaître une seconde jeunesse, voire se réincarner en machine à voyager dans le temps.


Depuis qu’il est minot, Jean-Michel Ménétrier inventent des trucs, des machins, des bidules. Il a d’abord commencé par démonter son premier vélo. Puis, très vite, il a construit un flipper avec lequel ses potes d’enfance et lui ont joué des après-midi entiers. Pour continuer de créer, d’inventer, il a pris l’habitude de chiner, de hanter les fins de marché. Un très bon moyen de se procurer des matières premières (bois de cagette, carton) pour pas un rond, selon lui. Comme la plupart des gens inventifs, uniques et dotés d’une forte personnalité, il n’a pas trop aimé l’école publique du primaire qui, faite pour la norme et la moyenne, le lui a semble-t-il bien rendu. Au moins autant que les établissements du secondaire. Il a donc commencé de travailler assez jeune. Une fois majeur, il a fait son service. Comme les militaires dessinés par feu le dessinateur Cabu dans Charlie Hebdo sont finalement assez rares, certains ont repéré que Jean-Michel Ménétrier avaient des dons de bricoleur et plus particulièrement pour travailler le bois. Alors ils lui ont donné des places où il a pu bricoler à loisir. Ils lui ont même ouvert les portes de leurs domiciles privés pour qu’il en améliore le confort et l’esthétique.


Son service terminé, il est retourné bosser. Il a été éduqué comme ça, Jean-Michel Ménétrier : à s’épanouir par un travail manuel où il faut se servir de sa tête. S’il ne l’a pas encore rencontré, il devrait d’ailleurs bien s’entendre avec le philosophe américain Matthew B. Crawford, à qui l’on doit un merveilleux Éloge du carburateur.




Une curiosité sans limites


En parallèle du boulot, il s’est formé au travail sur bois, au cours de stages. Puis, quand d’autres s’achetaient leur première golf GTI, il s’est offert en concertation avec sa compagne of course – car c’est tout le contraire d’une brute phallocrate, Jean-Michel Ménétrier -, son premier tour à bois. C’est à partir de là, sans doute, qu’il a passé un cap. Comme il ne savait pas les faire mais avait le matos pour essayer, il s’est mis à réaliser des escaliers en bois, puis toute commande qui le forçait à dépasser ses limites, à penser, à concevoir, à acquérir un nouveau savoir-faire. C’est dans cet état d’esprit qu’il en est venu à créer des ballons de rugby en bois, dont un de 2 mètres de haut sur 1,5 mètre de diamètre, trônant depuis 25 ans à Nuits-Sur-Armançon. Comment il en est venu au rugby ? Il suffit de voir la bête pour comprendre qu’il y est comme un poisson dans l’eau.




Puisqu’on parle de poisson, il faut peut-être toucher deux mots des raisons qui l’ont amené à réaliser ces épuisettes internationalement connues des fondus de la pêche à la mouche. Depuis qu’il est môme, Jean-Michel Ménestrier bricole. Il pêche aussi. Comme à peu près tout le monde, il a commencé avec les poissons-chats, ferrés à l’asticot ou à la nouille coquillette, dans les cours et plans d’eau de l’Auxois. Puis, il a pris goût à la pêche à la mouche. L’histoire ne dit pas si c’est après avoir vu « Et au milieu coule une rivière ». Quoi qu’il en soit, c’est à partir de là qu’il s’est mis aux épuisettes. Devenu moucheur, et même bon moucheur, il a pêché de beaux spécimens. Qu’il a fallu sortir de l’eau. Problème : les épuisettes qu’il utilisait n’était pas toujours comme il aurait voulu qu’elles soient. Alors il s’est mis à phosphorer, à imaginer, à essayer de faire lui-même ses épuisettes. Et, à force de travail, il est arrivé à en réaliser des résistantes, des qui soient jolies, réparables et, surtout, pratiques quand on se retrouve dans le feu de l’action. Car une épuisette Au Bois pêchant ®, c’est tout ça à la fois : un objet unique, ergonomique, agréable à regarder et touche, réparable et fonctionnel. Une épuisette qui a la particularité de ne pas épuiser le pêcheur qui s’en sert. C’est même pour ça que les gens lui en achètent ou lui en font faire sur mesure.


A-t-il éprouvé des difficultés à découper sa viande ou son fromage ces derniers temps, avec ce qu’il trouvait en vente sur le marché ? A ce qu’on a compris, c’est bien possible. Toujours est-il qu’il s’est lancé dans la confection de planches à découper, formées de plusieurs essences de bois (Voir ICI sa gamme). Une activité indiquée pour quelqu’un qui aime… se décarcasser.



Le Moucheur Masqué


Au Bois Pêchant

Ménétrier Jean Michel

12 Rue de Blaisy

21500 Saint Rémy

Mail

auboispechant@gmail.com

Portable

06.15.60.21.41


Site Internet d'Au Bois Pêchant : cliquer ICI


Tarifs des épuisettes : cliquer ICI

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